Chronique : Le poids du silence de Sue Lawson

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En Australie, Darcy vit seule avec sa mère depuis la mort de son père. Tout se passe bien entre les cours, ses amis et son oncle un peu loufoque, mais lorsque sa mère doit partir à l’autre bout du pays pour un stage de formation, sa vie est chamboulée. Darcy doit aller vivre avec sa grand-mère et son arrière-grand-mère. La première est aigrie, stricte et froide, la seconde est plus une ombre qu’autre chose. Et comme si ce n’était pas assez, voilà que son professeur d’histoire leur demande de faire un projet sur la seconde guerre mondiale, en s’appuyant sur les témoignages de leurs grands-parents. Or, dans la famille de Darcy, c’est un sujet tabou : elle ne sait rien de Charlie, son arrière-grand-père, et ses quelques tentatives pour en parler se soldent par un froid glacial et des colères terribles. Darcy se met donc à fouiller comme elle le peut dans le passé, entre livres, monuments aux morts et vieilles photos cachées dans les placards. Plus elle découvre d’informations, plus elle est bouleversée par l’histoire de Charlie, et ne supporte plus la loi du silence qui règne chez elle. Persécutée par certains élèves suite à un incident et sans nouvelle de sa mère, Darcy n’en peut plus. Puis, à mesure que ses recherches avancent, son arrière-grand-mère semble soudain revenir à la vie. Elle parle et rit, se rebelle contre sa fille tyrannique, aide Darcy… Malgré les menaces de sa grand-mère et de sa mère, la jeune fille reconstitue fil après fil la vie de Charlie et parvient à crever l’abcès de silence et de deuil qui entoure sa famille depuis si longtemps…

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Quelle surprise.

C’est ce me vient à l’esprit en refermant ce roman et en écrivant ma chronique. Je ne m’attendais pas à une telle claque avec ce livre.

J’avais acheté Le poids du silence de Sue Lawson à Noz à 2€ et des brouettes au lieu de 15. Je le trouvais intéressant mais sans plus (ce genre de roman, c’est un peu comme les thrillers, j’en achète peu, tout simplement parce que ce n’est pas mon genre de prédilection). Et puis bon, le résumé ne semblait pas mauvais, et le prix aidant, je me suis dis que ça ne me ferait pas de mal de sortir un peu des sentiers battus et de lire un roman qui, à la base ne me correspondait pas trop (je pense refaire mon article sur le challenge 2018 d’Opaline d’ailleurs et le mettre dans la catégorie « découvre un genre de littérature que tu n’as pas l’habitude de lire »).

Bref. Je cherchais un livre pas compliqué et pas trop long à lire, et je me suis donc penché sur ce petit roman de tout juste 320 pages – écrit gros et aéré, en plus.

Et je ne regrette rien.

Tout d’abord, parce que ça parle de la Seconde Guerre Mondiale, et moi j’y peux rien, j’aime ça, ça me fascine. Du coup, forcément, j’allais passer un bon moment (bon, même s’il faut avouer qu’avec Fatherland, ça avait été un flop total, mais passons, là n’est pas le sujet).

Ensuite, parce que l’écriture de Sue Lawson est tellement fraîche que ça ne peut que nous faire passer un bon moment. Les paragraphes sont assez aérés pour qu’on n’aie pas à lire des pavés de 300 mots, les dialogues réguliers ramènent de la dynamique et nous gardent éveillés.

Une chose qui m’a agréablement surprise, c’est le point de vue de l’histoire. Pas au niveau narratif, mais par rapport à ce que l’autrice raconte. En effet, ici, on va suivre une jeune fille qui doit faire des recherches sur la Seconde Guerre Mondiale côté Australien. Et j’ai adoré. Tout simplement parce que c’est à peine si on sait que l’Australie a participé activement à la 2GM. On parle souvent des Japonais, encore plus de l’Allemagne et de la France. On entend aussi parler des USA, du Royaume Unis et de l’Italie, mais très peu du reste du monde.

J’ai ainsi appris des choses dont je ne soupçonnais pas l’existence, et c’était génial.

J’ai ensuite adoré – comme détesté – les personnages.

Cruella porte bien son nom, et j’ai eu envie de la gifler – malgré son vielle âge – plus d’une fois. J’ai bien aimé Laura, la meilleure amie de Charlie. La mère de cette dernière m’a vraiment énervée avec son côté tellement passif qu’elle pourrait ne pas exister, ce serait pareil.

Charlie aussi, malgré l’attachement que j’ai eu pour elle au fil du roman, m’a ennuyé parfois : un peu trop centrée sur elle même.

Mais mon personnage préféré et de loin, c’est Bécasse.

Elle m’a tellement touchée avec son apparente fragilité qui, au fur et à mesure, se transforme en force. Les souffrances qu’elle a vécu, la douleur. C’est bien simple, si je n’ai pas pleuré à la fin, c’est uniquement parce que je n’étais pas seule et que je tenais un minimum à ma fierté.

Bref, un roman qui n’a pas été un coup de cœur, allez savoir pourquoi, mais un roman bouleversant tout de même, trop peu connu selon moi, et que je conseille fortement.

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